Les chroniques du disque One Crowded Hour / Part II

16 septembre 2014 / dans CHRONIQUES

Jaquette-One_Crowded_HourSuite et fin des chroniques de l’album, par notre ami ami H. Cirdell Eunamme !

Walk It Down

Quand on roule sur le plateau, on pense aux plaines américaines. Avec les Alpes en arrière plan. Alors un riff comme celui de Walk It Down, forcément, il est bien raccord.
La chanson est un piège, hypnotique. Qui tourne et tourne autour de toi jusqu’à te capturer. Girls gone wild. La spirale infernale. L’harmonica en guise de cri de détresse. Encore 70 kilomètres avant de redescendre vers les plaines…

 

Pistols and Guns

I heard it on the news this morning. Tentative de braquage. Ils ont pris la fuite, à travers le désert, bien sûr. Toujours le même couple. Le blues d’après. Frissons au lever du soleil ; pourquoi fuir encore?
Pistols and Guns, c’est un peu tout ça. Un mélange d’images et de sensations. Un clin d’oeil au rock 70s. Et une clarinette pour nous rappeler que tout ça, c’est des histoires. Allez, c’est l’heure de s’arrêter quelques minutes, histoire de se dégourdir les pattes.

 

On My Mind

Il est des moments étranges où on avance sans bruit. Sur la pointe des pieds. En espérant surprendre une scène, un instant, quelque chose qui sortirait de la routine, du programme. Et puis, là où on pensait se résigner, finalement, la rage prend le dessus.
On My Mind, c’est un peu tout ça. La ballade folk nostalgique découpée en deux à grand coup de Gibson et d’orgue à la John Lord pour finalement prendre son envol. C’était Grand March sur Classic Rock Radio. Let’s move on.

 

Sister Beware

J’aurais du faire ce voyage à cheval, c’est sûr. Avec l’option guitare / banjo. Si je ferme les yeux, le décor s’impose : John Ford point. Il manque juste Marilyn Monroe dans The River Of No Return.
C’est sûr qu’avec un blues folk, ce ne sont pas les clichés en Technicolor qui manquent. Et pourtant, à la manière d’un livre qu’on aurait lu cent fois, on se sent bien à l’écoute de Sister Beware. Un petit choeur comme les Black Keys en on le secret, les kilomètres défilent, il reste une frontière à passer…

 

Hard Times To Come

On vit tous avec nos fantômes. Ceux qui font peur et les autres, ceux qu’on voit tous les jours dans le vide d’une pièce, au boulot, en attendant le train. Ceux qui font sourire parce que finalement, on a accepté leur présence.
Bad Memories have long shadows – for sure. Chanté à l’unisson comme un exorcisme. Le paysage a changé ; la nuit tombe. Les Dents de Lanfon, le lac. Je suis arrivé. Till next time, Grand March.

Les chroniques du disque One Crowded Hour / Part I

11 mai 2014 / dans CHRONIQUES

chroniqueML1Notre ami H. Cirdell Eunamme (pseudo, of course) s »est fendu de quelques réflexions critiques autour des chansons de l »album One Crowded Hour…
Comme on aime beaucoup, on vous livre le fruit de ses élucubrations sensibles, en autant de chapitres constitutifs d »un roman. Voici la première partie !

Running On My Own

Y »a des matins où on se demande où on va. Le soleil se lève alors que je roule déjà depuis plusieurs heures. Fenêtre ouverte comme si ça aidait à ne pas fermer les yeux ; musique à bloc comme quand on avait 16 ans.

« Oh I’m running on my own. »

Le riff de guitare à la Joe Perry veut me faire oublier que ce titre marche grâce à sa basse sautillante. C »est elle qui me fait taper du pied et qui m »aide à rester concentré. La chanson de route idéale. « You stabbed me in the back », chante Hélène. Qu’est-ce qu’on dit sur la vengeance, encore ?

The Dark Horse

La chanson commence comme la brume du matin se lève au fond, dans la vallée. Les toits d »un online casino village. Lakeview, Kentucky. Ou Lembach, Bas Rhin. C »est égal.

Une complainte sourde où l’on parle d »un cheval. Le petit cheval blanc est devenu noir. Les autres derrière et lui devant. Le soleil commence à taper comme la  bande son s »emballe et se fait dramatique.

L »orgue nous embarque dans une spirale infernale, les guitares grondent, concassées par la batterie. Les fantômes s »évanouissent. L »heure du café, peut-être?

Lady Belle

On dirait que personne ne s »est arrêté ici depuis bien longtemps. L »unique employée de la station service regarde à l »extérieur comme si des barreaux l »empêchaient de sortir. Un peu comme cette fille de joie de western, Lady Belle.

En fait de western, c’est plutôt à la Nouvelle Orléans que me fait penser le soubassophone. Mais la clarinette brouille les pistes et me renvoie il y a des années de cela quelque part non loin de Budapest. Un ami fan de klezmer venait de rencontrer une certaine Natacha. Il avait fini par se faire la malle.

Let There Be Light

Normalement, il doit y avoir ce moment de la journée où on cherche quelque chose de facile à écouter. Un vieux morceau qu’on a usé et usé, qu’on connaît par coeur. Un standard de jazz d’une autre époque, un truc new wave sur lequel on a dansé autrefois. Un bon morceau de métal pour headbanger au volant. Ou alors un morceau simple qui parle du soleil qu’on est tellement content de revoir. Anthony et Leslie avaient écrit « It’s a new day, it’s a new life for me… and I’m feeling good ». Hélène pense plutôt à un beau dimanche matin. « Shine a light over my pillow – And let there be love ». We all need love. Badly.

H. Cirdell Eunamme

 

La Question Incontournable

20 septembre 2012 / dans CHRONIQUES

« Pourquoi chanter en anglais quand on n »est pas anglaise et qu »on a un problème d »accent alors que Lou Doillon, elle a une superbe diction comme une vraie chanteuse ? »

Hélène B. : Parce que ça sonne mieux ?
DJ. D. : (En aparté. Réponse de merde, selon moi). Et le français alors, c »est quoi, à part la langue de Molière ?
Hélène B. : Tu n »assumes pas quand tu t »entends chanter français…
DJ. D. : Ah oui, c »est comme s »entendre parler dans la vidéo du voyage scolaire de seconde aux z »USA en 1994 !
Hélène B. : C »est inhibant, de chanter en français.
DJ. D. : oui, et chanter en anglais, casino c »est in.
Hélène B. : Et puis on s’inspire beaucoup de la littérature et des mythes américains.
DJ. D. : Aaaaaaah oui ! C »est pour ça ! …

Bon, et Lou Doillon dans tout ça ? Ben, c »est pas mal, mais pour le coup, on est plutôt fans du nouveau Calexico !

Bien à vous.