Sur les traces de Stéphane Louis

21 mars 2014 / dans ... & FRIENDS !

Portrait-Stephane_LouisSi la photo n’avait pas changé le cours de ses études de lettres, il serait devenu un spécialiste de linguistique diachronique (de l’ancien français !). On ne va évidemment pas regretter qu’il ait choisi de compléter son année de maîtrise par un diplôme de ciné et d’audiovisuel, option photo parce qu’il était sûr de pouvoir pratiquer en individuel… Solitaire, le garçon ? Pas s’il est question de faire des rencontres ! Alors oui, ce n’est pas le gars le plus bavard de la planète, mais quand il m’a reçue, après mon entrainement de piscine, autour d’un jus pressé et de Pim’s à l’orange (un kilomètre de crawl, ça creuse), il n’a pas hésité à parler avec générosité.

Évidement, depuis quinze ans qu’il pratique la photo, sa technique et son inspiration ont évolué. Il vend ses premiers tirages grâce à sa rencontre avec Bruno Chibane et sa collaboration depuis indéfectible avec le magazine Poly. Son premier portrait photographique ? Celui de l’écrivain italien Erri De Luca à la librairie Quai des Brumes quand elle était encore sur les quais. Les voyages se succèdent ensuite et nourrissent son travail, lui apportant reconnaissance et expositions. De Venise en 1999 au Mali en 2007, en passant plusieurs fois par les États-Unis, mais aussi le Vietnam et la Chine, il n’est pas une seule des ses séries qui n’aient été récompensées d’un prix Fnac, Illford, Agfa ou Kodak ! Un peu comme un Roger Federer remportant le grand Chelem.

Depuis son passage au numérique en 2006, son rapport à la photo a changé, et ses sujets aussi. Les carnets de voyage et les expérimentations techniques ont laissé place à un travail de longue haleine sur l’histoire et le patrimoine de la région. Aux projections autofictionnelles sur les routes américaines que l’on a adoré mettre en en scène lors d’un photo-concert en 2012, se sont substituées des images d’historien, de compilateur maniaque, de chercheur de traces. La série de 2003 sur le mur de l’Atlantique, celle sur les ruines et les bâtiments abandonnés, exposée à la Filature en 2011, ou celle encore qui l’occupa durant 6 ans sur le patrimoine funéraire des cimetières de Strasbourg, ont annoncé ce qu’il explore de façon compulsive aujourd’hui : les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, l’étrangeté des objets qui s’y trouvent encore best online casino engloutis et qui témoignent du quotidien plus trivial des tranchées. C’est aussi, pour lui, le retour à un rapport primitif à la photographie, redevenue un outil de témoignage qui lui permet d’évoluer dans le souvenir et la mémoire.

Mais a-t-on parlé de musique, me demanderez-vous ? Eh bien, oui, nous y sommes arrivés. J’étais pleine d’une curiosité adolescente concernant ses goûts, ses premières fois, son meilleur souvenir, mais j’ai vite rangé mes questions formatées parce que le gaillard avait pour moi d’autres surprises. Celle d’apprendre par exemple que la musique allait d’abord de pair avec ses engagements politiques. Il a donc une crête quand il passe le bac et écoute les Béru, Noir Désir et la Mano Negra. Il garde de ces jeunes années un amour immodéré pour les Cure et avoue avoir été guitariste et choeur d’un groupe de punk avec lequel il a tourné jusqu’à Prague pour la première partie d »Už jsme doma ! Il en conserve des enregistrements qu’il refuse de montrer (mais pourquoi ?) et se souvient avec amusement du frisson de la scène, surtout devant un public tchèque de cinq cents personnes ! Ont suivi les sons du desert rock et des Sixteen Horse Power. Aujourd’hui, il écoute davantage de musique classique mais il reste capable de voir un concert de Depeche Mode et le lendemain, d’apprécier le Vaisseau fantôme de Wagner à l’opéra de Strasbourg. Le dernier album écouté ? Il a racheté le Carcassonne de Stephan Eicher. Question d’affect. On le comprend.

A voir : www.stephanelouis.com/blog

Silence, on shoote !

19 décembre 2013 / dans CHRONIQUES

Planche_contact

Alors c’est l’histoire d’un groupe qui avait besoin de photos pour sa promo, sa page FB, son dossier de presse et ptêt même sa jaquette. Hop hop hop, a dit le charismatique leader du groupe fameux, je planifie un shooting photo avec Stéphane (tiens, je n’ai pas encore fait son portrait ?) et on y va, on prend la pose, on fonce, et on aura ce qu’il nous faut.

La séance fut fort sympathique, le photographe fort talentueux mais la pose à 4, ça n’a rien donné du tout ! Enfin, si, un bon revival des groupes des 90’s ! Pour les noirs et les camaïeux de gris des vêtements, on était parfait, on devait être à notre maximum de prise de risque mode ! Heureusement que Stéphane nous a mis en situation ensuite, ça a donné le joli nouveau bandeau du site, travaillé par Fanny. Pfiou, on avait pas tout raté.

Tout ça pour dire que c’est pas facile d’avoir l’air hype (suffit pas de mettre une barrette, même si je la porte mieux que Julien Doré) et que même le fun, c’est du boulot. On a fait avec notre garde-robe de ville… Et si je m’habillais en Prada, ça changerait tout ?  Nan parce que je repense à ce que m’a dit le photographe pendant le shooting. C’était imparable. Et la robe Gucci n’y aurait rien changé !

Paraît que ce jour-là, j’avais des cernes.

"All the pretty horses" : un photo-concert de Grand March et Stéphane Louis

18 février 2012 / dans PHOTOS

LE PROJET

Le projet de photo-concert est né de l’envie de faire se rencontrer deux expressions aux univers proches, profondément inspirés de musiques, de cinéma et de littérature américaine.
Les musiciens de Grand March et le photographe Stéphane Louis se connaissent depuis plusieurs années et ont toujours porté un regard attentif sur la création de l’autre. Ils ont souhaité trouver un moyen de travailler ensemble et de porter sur scène le fruit de leurs nombreux échanges nourris de leur culture commune.
Stéphane Louis, qui a traversé les États-Unis, donne à voir les images d’une Americana fantasmée par le groupe. La confrontation est forte au-delà des références aux musiciens, aux auteurs et aux cinéastes incontournables du genre.

Télécharger le dossier de presse complet ici…

LA PROJECTION

La projection est construite sur la série The Desert by The Sea de Stéphane Louis, réinterprétée à travers neuf micro-fictions photographiques se déroulant sur les chansons de Grand March.
Les photographies, montées de manière cinématographique avec des jeux de lumière et des mouvements de caméra, offrent une véritable mise en abîme des histoires racontées par le groupe.

LE CONCERT

Les deux musiciens de Grand March prennent place sur scène autour de ce dispositif visuel qu’ils intègrent comme un troisième homme dans leur set. Le jeu scénique s’accorde avec justesse à la force de narration des images projetées.

La vidéo de présentation du photo-concert :

LA PRESSE EN PARLE

POLY N°174 – Mars 2012 (PDF)

ZUT N°13 – Mars 2012 (PDF)

Rue89 Strasbourg – Mars 2012 (Lien externe)